Prenez un faitout, mettez-y de la survie, incorporez des éléments d’un dungeon-crawling RPG, ajoutez une base de Visual Novel et vous obtiendrez Zanki Zero. Une partie des créateurs de la série Dangaronpa nous a concocté un étonnant mélange des genres. La question que l’on se pose maintenant est : est-ce que la sauce a bien pris ?

Du déjà-vu revisité

La recette proposée sent bon et à de quoi faire saliver. On retrouve un schéma scénaristique classique des opus Spike Chunsoft. Un endroit isolé, 8 survivants et un mystère. Zanki Zero tient sa force de son scénario fascinant, capable de capter l’attention du joueur pendant toute la durée de l’histoire grâce à un casting de personnages complexes aux multiples facettes, créant un sentiment continu d’incertitude et de tension.

Une fois l’intrigue en place, une multitude de questions se bouscule dans votre tête, et quand vous pensez avoir résolu un mystère, un événement vient tout remettre en question. Ce schéma se répète tout au long de l’aventure, et permet de garder en haleine le joueur.

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Tiens, elle me dit quelque chose cette peluche …

Au cœur de cette intrigue invraisemblable existe, malgré l’absence d’électricité, une télé cathodique qui s’allume de façon totalement aléatoire. Une émission est alors diffusée: “Extend TV“. Le programme nous montre deux mascottes (une pratique courante des jeux Spike). Les deux personnages un tantinet loufoques vous procureront certainement des éclats de rire, et je dois avouer que j’attendais impatiemment leur intervention tout au long de l’aventure. Cette émission sert à garder le fil de l’histoire, chaque épisode désigne le prochain objectif à accomplir. Mais pas seulement, certains événements liés au passé de chaque personnage seront aussi diffusés, faisant (parfois) découvrir certains aspects cachés de la personnalité des différents protagonistes.

L’exploration se déroule à la première personne et le mouvement se fait à travers des grilles, comprenez que vous vous déplacez à la façon d’un échiquier, ce qui n’est pas ce qu’il y a de mieux en termes de confort de jeu. Les affrontements se déroulent en temps réel et sont loin d’être compliqués, voire très sommaires. Un développement un peu plus poussé de cet aspect du jeu aurait été apprécié.

Qu’on se mette d’accord tout de suite, l’action est totalement secondaire dans ce genre de jeu, ce qui prévaut, ici, c’est la compréhension de la lecture par le joueur. Pour y parvenir, il faudra lier les éléments et les concepts clés qui apparaissent dans la grande quantité de textes pour élucider le grand puzzle qui compose l’intrigue.

Die, Relive & Survive

Venons en maintenant au jeu en lui-même. De par son genre, il va de soit que le gameplay y est très limité. Mais pas cette fois, ce visual novel a ajouté pas mal de nouvelles fonctionnalités, et on ne sera pas cantonné à faire des choix narratifs et à lire des lignes de textes. Les développeurs ont fait le choix du dungeon-crawler concernant l’exploration, et on peut dire que ça marche plutôt bien, et le genre s’accorde plutôt bien avec le style particulier du roman visuel.

Le deuxième aspect important de cet opus est celui de la survie. Au menu donc, construction de toilettes, cuisine, chambre, etc… Tout ce dont vous avez besoin pour que votre lieu de vie ait un semblant de confort moderne. La survie ne repose pas uniquement sur l’axe construction/upgrade, mais va un chouia plus loin. Chaque personnage dispose d’une barre de santé, soif, faim et une indication sur les besoins naturels (d’où la construction de toilettes). Sur Garage Island, l’île déserte où vous avez échoué, les ressources sont très limitées, à part une fontaine d’eau et quelques chèvres, vous n’aurez pas de quoi survivre bien longtemps.

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Les graphismes ne cassent pas 3 pattes à un canard, mais possèdent un certain charme.

Le jeu est pensé comme un RPG, Haruto et ses compagnons pourront donc être équipés d’arme, armure et accessoire et autres babioles. Lors de vos expéditions, vous pourrez choisir d’être accompagné par trois personnages qui vous épauleront lors des combats. Les trois autres seront avec vous et pourront uniquement porter des objets (très pratique dans certains cas).
Le système de gestion d’objets bien que classique incorpore aussi un aspect survie, les personnages sont limités à un nombre d’objets, ou plutôt à un poids maximum par personne. Vous devrez donc être stratège afin d’emporter avec vous les objets dont vous avez uniquement besoin, à défaut de vous farcir quelques aller-retour.

Dungeon Crawler ?

Pour faire simple, les combats ne se dérouleront pas à tour de rôle mais bel et bien en temps réel. Ce qui oblige à bouger de case en case en évitant d’être entourés d’ennemis et de choisir le bon moment pour attaquer. Rien de bien spécial en somme. Il est possible de viser une partie précise d’un ennemi afin d’obtenir certains objets en particulier.

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Les menus sont particulièrement réussis

L’expérience récoltée servira à plusieurs choses comme apprendre des compétences. La collecte de matériaux et de ressources vous sera tout aussi nécessaire pour améliorer les structures de Garage Island. Cependant, le jeu ne sera pas une promenade de santé, et vous découvrirez rapidement que la mort jouera un rôle très important dans le déroulement de l’histoire..

VERDICT
Conclusion

Zanki Zero: Last Beginning est une vraie surprise: doté d’une narration fascinante et d’une interprétation symbolique et allégorique, ce roman visuel a su incorporer certains éléments du RPG traditionnel. Au-delà d’une réalisation technique moyenne, le soft récompense tous ceux qui auront la patience d’apprivoiser un système de jeu riche mais exigeant.

Les défauts principalement liés au secteur technique, et à l’absence de toute forme de localisation (le jeu n’est disponible qu’en anglais), sont cependant regrettables et pourront refroidir pas mal de joueurs.

Note des lecteurs0 Note
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✅ Points forts
Le scénario complexe et accrocheur
Les personnages attachants
Un mélange réussi visual novel et RPG
Le doublage japonais et les mascottes = combo gagnant
❌ Points faibles
Graphiquement un peu à la ramasse
Textes disponibles uniquement en anglais
Assez répétitif par moment
7
/10