Brok3nsite, petit studio espagnol fondé en 2016, nous présente son premier titre après 4 ans de développement, poussé par l’initiative Playstation (Got) Talent qui vise à promouvoir les créateurs locaux, former les professionnels, former…

Game Of Grogne

Le 10 décembre 2019, Capcom annonçait le remake du 3ème volet se sa saga horrifique, dernier réel mastodonte d’un genre qui a le vent en poupe. Mais le sujet qui divise la communauté est la caméra. 1ère ou 3ème personne, en angle fixe. A cela, Brok3nsite répond l’angle fixe. Nous voilà donc face à leur projet de fin d’études, passé par la case Kickstarter, ayant à peine atteint le tiers de son objectif de 15 000 €, porté par la branche espagnole de Playstation. C’est dire le chemin parcouru par l’équipe pour accoucher d’un jeu de 4 Go. Quel titre en 2020 fait 4 Go ? Relativisons, les jeux de l’aire PS1 faisaient rarement plus de 700 Mo.

Recette Traditionnelle

Alex, étudiant en arts, se rend dans l’ancienne demeure de sa belle-mère récemment décédée, demeure qui se trouve être envahie de zombies. Et ce qui marque au premier abord, c’est à quel point les développeurs cherchent à titier notre fibre nostalgique.

De la demeure, rappelant un manoir aux abords de Raccoon City, au personnage principal, véritable générique d’un héros de Silent Hill, nous sommes en permanence baignée dans le fan-service du bon amateur de survival-horror. Même le point de départ de la trame nous rappellera un certain Alone in the Dark sortie en 1992, pour les plus anciens ayant connu. Les énigmes, véritable point d’orgue du genre, sont plutôt simples, mais s’intègrent bien dans la progression.

La Mort Lui Va Si Bien

Au rayon des bonnes idées idées sympas, on peut citer l’inventaire. Sous forme d’un carnet, vous y trouverez vos armes, items et notes trouvés ici et là qui servent à approfondir l’histoire. C’est également la détérioration de celui-ci qui vous indiquera votre niveau de santé. D’abord d’un blanc immaculé, les pages commenceront par se froisser, avant de finir en sang et illisible.

Le jeu de lumière des bougies exploite la capacité du moteur Unity afin de donner un aspect des plus naturels au mouvement d’ombre dansant avec la flamme. Bougies qui font aussi office de points de sauvegardes. Resident Evil avait ses machines à écrire et ses rubans encreurs limités, Silent Hill ses bloc-notes sans limites, Dawn of Fear a ses bougies. Répartis dans le manoir, seule, par deux, ou par trois, vous trouverez des bougies éteintes que vous pourrez allumer pour sauver votre progression.

Attention de bien retenir leurs emplacements et leur nombre. Ce choix peut sembler étrange de prime abord, mais logique dans le cadre de l’histoire qui, sans vouloir spoiler, est très emprunte d’occultisme et rites de magie noire.

Dernier point, mais pas des moindre, la direction artistique est peut-être LE point fort du titre, une fois passer outre l’aspect graphique. Plus vous explorez le manoir, plus l’ambiance se révèle glauque, malsaine, poisseuse.

S’en Retourne Dans Sa Tombe

Si jusqu’ici, le portrait semblait sympa, et pourtant, le titre est bardé de défauts et bugs. Graphiquement, le titre joue malgré lui aussi la carte du rétro, avec un habillage à cheval sur les époques PS1-PS2. Les décors s’en tirent plutôt bien et semble inspirés, mais les modèles 3D des personnages piquent les yeux, et vous arracheront un petit sourire gêné…

Les animations viennent d’une autre galaxie et manquent cruellement de réalisme, voire manque tout court. Regarder Alex courir une arme à la main ou ouvrir une porte ressemble à un épisode de Benny Hill. Ou encore, imaginez-vous face à un Boss, le jeu vous indique l’action contextuelle à faire, vous la faites, mais ne constatez aucune réaction de la part du Boss. À cela, ajoutez quelques soucis de lisibilité. Le choix de l’angle fixe peut plaire, mais les placer de manière lisible aurait été préférable.

La mise en scène fait également partie des grands absents. Aucun doublage, les quelques dialogues se contente de plan fixe, de travelling et de zoom ou dé-zoom. Et n’attendez pas une traduction française des dialogues. Vous resterez cantonné à un anglais à la ponctuation ibérique.

Autre grand absent, la carte. On est dans un titre qui s’inscrit dans la lignée des metroidvania, où seul l’exploration vous aide à avancer, mais l’équipe n’a pas trouvé judicieux de mettre une carte des lieux afin d’aider à la navigation dans cette funeste demeure. Enfin, pour achever le tout, le titre semble avoir souffert d’un manque de moyens, ou d’ambition dans sa réalisation.

Bug ou absence total d’affichage de texture, caméra hors décors, chute de framerate, black screen. Gageons que l’équipe de développement sortira rapidement un patch pour corriger ces imperfections. En attendant, c’est un florilège d’anomalies qui rallongeront l’expérience et la durée de vie, certains vous forçant à reset votre partie car gelant votre progression

La Fin Détend

D’abord en apoplexie face à la création de Brok3nsite, il est indéniable que le studio porte de l’affection au genre du survival des années 90-2000. Cependant, le manque évident de finition empêchera les moins téméraires d’aller au bout de l’aventure pourtant assez courte, mais rallongé par un côté die & retry surtout dû aux grands nombres de bugs et erreurs de conception.

VERDICT
Conclusion
Au final, Dawn of Fear n’est pas une mauvaise expérience, mais elle n’est pas bonne non plus. Il s’agit simplement d’un petit jeu de fan fait maison. Et il s’adressera surtout aux fans de la première heure, en attendant la prochaine grosse sortie qui les fera vraiment vibrer. Pour le même prix, à moins de l’avoir déjà platiné, préférer lui Resident Evil Rebirth (remake du 1er) disponible pour le même prix.
Note des lecteurs0 Note
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✅ Points forts
La direction artistique
Quelques idées sympas
❌ Points faibles
Un jeu pas fini
Des graphismes en retard de 10ans
4
/10